
Alfred Nobel est un chimiste, ingénieur et industriel suédois, né le 21 octobre 1833 à Stockholm et mort le 10 décembre 1896 à San Remo, surtout connu pour l’invention de la dynamite et la création des prix Nobel. Sa formation scientifique est largement extra-scolaire : elle repose sur un enseignement privé très poussé en sciences et sur un long « tour » de formation en génie chimique en Europe et aux États‑Unis, plutôt que sur un diplôme universitaire formel.
Grandes dates de sa vie
- 21 octobre 1833 : naissance d’Alfred Bernhard Nobel à Stockholm, dans une famille d’ingénieurs et d’inventeurs.
- 1842 : la famille s’installe à Saint‑Pétersbourg, où ses parents, devenus prospères, lui offrent une éducation privée de haut niveau en sciences, langues et littérature.
- Vers 1850–1852 : début de son « tour » de formation en génie chimique en Europe et en Amérique ; il séjourne notamment en France, en Allemagne et aux États‑Unis.
- 1863–1865 : mise au point d’un premier mélange explosif à base de nitroglycérine (« blasting oil ») et invention d’un détonateur amélioré (blasting cap), qui lui valent ses premiers brevets importants.
- 1867 : invention de la dynamite, forme stabilisée de nitroglycérine qui révolutionne les travaux de chantier et l’industrie minière.
- 1875 : développement de la gélatine explosive (blasting gelatin), encore plus puissante et contrôlable.1887–1888 : mise au point de la ballistite, poudre sans fumée, qui compte parmi ses inventions marquantes et renforce son rôle dans l’industrie des armements.
- 27 novembre 1895 : signature à Paris de son testament, par lequel il lègue l’essentiel de sa fortune pour créer les prix Nobel, destinés à récompenser des contributions majeures dans la science, la littérature et la paix.
- 10 décembre 1896 : décès à San Remo, en Italie ; son patrimoine, évalué à environ 31 millions de couronnes suédoises, est affecté à la fondation des prix Nobel, dotés de revenus durables.
Enfance et premiers apprentissages scientifiques
L’enfance d’Alfred Nobel est marquée par la figure de son père, Immanuel Nobel, ingénieur et inventeur, qui lui transmet très tôt les bases de la mécanique et de l’ingénierie. Dans le contexte industriel de Saint‑Pétersbourg, le jeune Alfred bénéficie d’un enseignement privé structuré, où les sciences naturelles, les mathématiques, la chimie et la physique tiennent une place centrale.
Ses tuteurs privés, notamment un professeur russe chargé des mathématiques, de la chimie et de la physique, lui assurent une formation scientifique systématique, bien au‑delà de ce qu’offrent les écoles ordinaires. Parallèlement, il reçoit un enseignement approfondi en langues et en littérature, ce qui explique qu’à 17 ans il parle couramment le suédois, le russe, le français, l’anglais et l’allemand, tout en s’intéressant à la fois à la poésie et aux sciences.
Formation de scientifique et « tour » de formation
La formation scientifique d’Alfred Nobel ne passe pas par l’université classique : sa scolarité institutionnelle se limite essentiellement à une brève fréquentation d’une école à Stockholm avant le départ de la famille pour la Russie. Sa véritable formation de « scientifique » se construit dans trois cadres : l’atelier familial d’ingénierie, les leçons privées de haut niveau et un long séjour d’études à l’étranger centré sur la chimie.
Son père, soucieux de faire de ses fils des ingénieurs, l’envoie à l’étranger pour compléter ses connaissances en génie chimique, afin de servir les intérêts industriels de la famille. Entre environ 1850 et 1852, Alfred voyage en Suède, en Allemagne, en France et aux États‑Unis, ce qui lui permet de se familiariser avec les laboratoires et les technologies les plus avancés de son temps.
Travail en laboratoire et spécialisation en chimie
À Paris, ville qu’il apprécie particulièrement, Alfred Nobel travaille dans le laboratoire privé du chimiste Théophile‑Jules Pelouze, figure reconnue de la chimie française. Cette expérience de laboratoire l’initie aux méthodes expérimentales rigoureuses, à la manipulation de composés sensibles et à la conception de nouveaux produits chimiques.
C’est dans ce milieu qu’il rencontre le chimiste italien Ascanio Sobrero, auteur quelques années plus tôt de la synthèse de la nitroglycérine, liquide explosif extrêmement puissant mais imprévisible. Sobrero met en garde contre l’usage pratique de la nitroglycérine en raison de son instabilité, mais cette propriété explosive devient au contraire le centre de l’intérêt scientifique et technique de Nobel.
Carrière d’inventeur et ancrage scientifique
À son retour en Europe, Alfred Nobel s’engage dans les activités industrielles de la famille tout en poursuivant ses propres recherches sur les explosifs à base de nitroglycérine. Sa connaissance approfondie de la chimie, conjuguée à une solide formation en mécanique et en ingénierie, lui permet d’aborder les problèmes de stabilité, de dosage et de mise à feu avec une démarche expérimentale systématique.
À partir de 1863, il développe un premier mélange exploitable, puis perfectionne des détonateurs capables de déclencher l’explosion de manière contrôlée, ce qui représente une avancée scientifique autant que technique. Au cours de sa vie, il dépose environ 355 brevets dans plusieurs pays, couvrant des domaines allant des explosifs aux matériaux comme la soie artificielle ou le cuir artificiel, signe d’une créativité fondée sur une vaste culture scientifique.
Culture scientifique et absence de diplôme
Alfred Nobel n’obtient jamais de diplôme universitaire, mais il est considéré par ses contemporains comme un chimiste et ingénieur d’un haut niveau de compétence. Sa maîtrise de plusieurs langues lui donne accès aux publications scientifiques de divers pays, ce qui lui permet de suivre et d’intégrer rapidement les progrès de la chimie et de la physique dans ses propres recherches.
Son apprentissage repose sur l’étude personnelle, la lecture approfondie, l’expérimentation en laboratoire et l’observation directe des besoins de l’industrie, notamment dans les domaines du génie civil, du percement de tunnels et de l’exploitation minière. Ce profil d’« autodidacte avancé », à la fois théoricien et praticien, explique la combinaison chez Nobel d’une pensée scientifique structurée et d’une forte orientation vers les applications industrielles.
Sources
[1] Alfred Nobel | Inventions, Dynamite, Prizes, & Facts https://www.britannica.com/biography/Alfred-Nobel
[2] Alfred Nobel – his life and work https://www.nobelprize.org/alfred-nobel/alfred-nobel-his-life-and-work/
[3] Alfred Nobel – Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Alfred_Nobel
[4] How was Alfred Nobel educated? https://www.britannica.com/question/How-was-Alfred-Nobel-educated
[5] The Legacy of Alfred Nobel – AIP Student Programs https://students.aip.org/radiations/the-legacy-of-alfred-nobel
[6] Alfred Nobel Timeline – Soft Schools https://www.softschools.com/timelines/alfred_nobel_timeline/79/
[7] Who was Alfred Nobel? https://www.nobelpeacecenter.org/en/who-was-alfred-nobel
[8] Alfred Nobel summary | Britannica https://www.britannica.com/summary/Alfred-Nobel
[9] Alfred Nobel Biography – Birthplace, Personal Life, Death … https://www.vedantu.com/biography/alfred-nobel
[10] Alfred Nobel — Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Nobel
Laisser un commentaire